Connaissances
Mesures récentes en matière de pension : quel impact sur votre pension complémentaire ?
Le paysage des pensions en Belgique continue d’évoluer. Le gouvernement fédéral a récemment annoncé ou introduit plusieurs mesures qui peuvent également avoir des conséquences pour les plans de pension complémentaire dans le deuxième pilier.
Pour les employeurs, il est important de suivre attentivement ces évolutions. Certaines mesures sont déjà en vigueur, tandis que d’autres seront introduites dans les prochaines années. Elles peuvent influencer tant la constitution des réserves de pension que le montant finalement versé sous forme de capital pension.
Nous reprenons ci-dessous les principales modifications.
1. La cotisation Wijninckx passe à 12,5 %
Depuis le 1er janvier 2026, la cotisation dite Wijninckx a été fortement augmentée. Alors qu’elle s’élevait auparavant à 3 %, elle atteint désormais 12,5 %.
Cette cotisation est due lorsque le total de la pension légale et de la pension complémentaire dépasse un certain objectif de pension. Cet objectif est lié à la pension légale maximale des fonctionnaires.
Pour les rémunérations plus élevées ou les plans de pension étendus, cette cotisation peut donc intervenir plus rapidement. Il est dès lors important d’évaluer régulièrement les plans de pension existants.
2. Un taux uniforme pour la cotisation de solidarité
Des modifications ont également été introduites concernant la cotisation de solidarité. Depuis 2026, un taux uniforme de 2 % s’applique aux prestations issues du deuxième pilier.
Auparavant, le système fonctionnait avec différentes tranches, mais il a été simplifié. La cotisation continue d’être retenue au moment du paiement du capital pension.
Par ailleurs, à partir du 1er juillet 2027, une cotisation de solidarité supplémentaire de 2 % sera appliquée sur la partie du capital pension dépassant 150.000 euros (indexés).
Pour les pensions complémentaires plus élevées, cette contribution supplémentaire peut donc avoir un impact sur le montant net final de la pension.
3. L’impact potentiel de l’index des centimes
Une mesure encore en cours d’élaboration concerne l’index des centimes (« centenindex »). Celui-ci vise à limiter temporairement l’indexation automatique des salaires et allocations les plus élevés.
En cas de dépassement de l’indice pivot, les travailleurs ayant un salaire mensuel brut supérieur à 4.000 euros ne bénéficieraient plus d’une indexation proportionnelle complète, mais d’un montant fixe. Par exemple, une indexation de 2 % correspondrait à 80 euros, calculés sur un plafond de 4.000 euros brut.
Une approche similaire s’appliquerait également aux allocations sociales et aux pensions dépassant 2.000 euros brut par mois.
Comme les contributions patronales aux assurances groupe sont souvent basées sur le salaire, cette mesure pourrait également avoir un impact limité sur la constitution future des droits de pension complémentaire.
Selon le calendrier actuel, cette mesure serait appliquée à deux reprises, avec une première application possible début 2027.
4. Vers une contribution patronale minimale de 3 %
Le gouvernement souhaite renforcer davantage le deuxième pilier de pension. Dans ce cadre, une contribution patronale minimale de 3 % est envisagée d’ici 2035.
Pour les employeurs qui appliquent actuellement des contributions inférieures, cela pourrait signifier qu’une adaptation progressive des plans de pension sera nécessaire.
En anticipant cette évolution, les organisations peuvent faire évoluer leur politique de pension de manière progressive, sans devoir procéder à des ajustements brusques.
5. Réforme de la règle des 80 %
Enfin, la célèbre règle des 80 % sera également revue.
Cette règle prévoit que le total de la pension légale et de la pension complémentaire ne peut pas dépasser 80 % du dernier salaire annuel brut normal.
L’objectif de la réforme est de rendre la méthode de calcul plus transparente et de mieux l’aligner sur la carrière effectivement constituée.
Pour la plupart des plans de pension, l’impact pratique devrait rester limité, mais la réforme apportera davantage de clarté et de sécurité juridique.
La pension complémentaire reste un avantage majeur
Malgré ces adaptations, la pension complémentaire reste l’un des avantages les plus intéressants dans un package de rémunération.
Pour les employeurs, il est toutefois important de faire régulièrement évaluer leur plan de pension à la lumière de la réglementation actuelle. De cette manière, le plan reste non seulement conforme sur le plan fiscal et juridique, mais aussi attractif pour les collaborateurs.
Vous souhaitez savoir quel impact ces mesures peuvent avoir sur votre régime de pension actuel ? Nos experts analyseront volontiers avec vous si votre plan de pension reste optimal dans ce nouveau contexte.
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