Les experts n’anticipent guère de changements en 2026. À première vue, cela peut sembler surprenant. Les entreprises investissent plus que jamais dans la sécurité, le cyberrisque bénéficie d’une attention accrue, des réglementations comme NIS2 et le RGPD imposent des exigences minimales claires, et de plus en plus d’organisations souscrivent une assurance cyber.
Pourtant, le nombre d’incidents cyber ne diminue pas. Au contraire : l’an dernier encore, le Centre pour la Cybersécurité Belgique a constaté une nouvelle hausse du nombre d’attaques.
Pourquoi la cybercriminalité continue de progresser
L’explication est simple, mais inquiétante : les cybercriminels évoluent plus vite que jamais. Les nouvelles technologies rendent les attaques non seulement plus sophistiquées, mais aussi plus accessibles.
Le phishing piloté par l’IA, le ransomware-as-a-service et les outils d’attaque automatisés abaissent considérablement le seuil d’entrée dans la cybercriminalité. Pour certains réseaux, il s’agit désormais d’une source de revenus relativement facile et extrêmement lucrative.
Entre 2020 et 2025, les groupes de hackers auraient détourné environ 300 milliards d’euros en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne réunis, selon des études sectorielles.
À cela s’ajoute une réalité géopolitique dans laquelle les attaques numériques font de plus en plus partie des tensions économiques et politiques. La cybercriminalité devient une forme hybride de conflit.
Et le phénomène ne se limite pas aux grandes entreprises. Les PME et les petites organisations sont de plus en plus visées, souvent parce qu’elles disposent de moins de moyens pour une prévention étendue. La menace est aujourd’hui transversale : industrie, logistique, commerce de détail, services et même secteur public sont concernés.
Un marché de l’assurance cyber étonnamment favorable
Dans ce contexte, on pourrait s’attendre à des conditions plus strictes et à des primes plus élevées. Pourtant, nous observons actuellement l’inverse. Le marché de l’assurance cyber est particulièrement favorable.
La raison ? De plus en plus d’entreprises ont souscrit une assurance cyber ces dernières années. Le volume des primes a ainsi fortement augmenté, permettant aux assureurs de mieux répartir les risques. Parallèlement, de nouveaux acteurs sont entrés sur le marché, élargissant considérablement l’offre et la capacité disponible.
Cela crée une situation exceptionnellement compétitive. Aujourd’hui, on observe :
• Des primes relativement basses
• Des montants assurés plus élevés
• Dans certains cas, des franchises plus faibles
Sur le plan du contenu, les polices se sont également élargies. L’assurance cyber couvre non seulement l’attaque elle-même, mais aussi les coûts connexes : enquête forensique, assistance juridique, communication de crise et rétablissement IT. Une assistance 24/7 est souvent incluse, offrant un accès direct à des experts spécialisés et à un soutien préventif.
De nouvelles menaces continuent d’émerger
Ce marché favorable reste toutefois sous pression. Les cybercriminels continuent d’innover et de nouvelles formes d’attaques apparaissent rapidement. Parmi les évolutions les plus discutées à l’horizon 2026 figurent :
• Le phishing généré par l’IA et les attaques par deepfake
• Le ransomware-as-a-service
• Les attaques de la chaîne d’approvisionnement via les fournisseurs
• Les vulnérabilités zero-day
• La double extorsion avec vol et prise en otage de données
Le nombre d’incidents augmente, tout comme la complexité des sinistres.